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Nutrition

Comment réduire sa consommation de sel ?

sel

Le sel (chlorure de sodium) est indispensable à l'organisme pour la transmission nerveuse, l'équilibre hydrique et de nombreuses fonctions cellulaires. Mais en excès chronique, il est le premier facteur alimentaire de l'hypertension artérielle, premier facteur de risque cardiovasculaire mondial. L'OMS recommande moins de 5 g de sel par jour pour un adulte. Les Français en consomment en moyenne 8 à 9 g quotidiennement.

D'où vient vraiment le sel dans l'alimentation ?

La grande majorité du sel consommé (75 à 80 %) ne vient pas de la salière mais des aliments transformés. Le reste se répartit entre le sel de cuisson (10 à 15 %) et le sel ajouté à table (5 à 10 %). Réduire le sel à table est un geste utile mais insuffisant : c'est le sel caché dans les aliments industriels qui représente l'essentiel de la surconsommation.

Les principales sources cachées de sel

  • Le pain : avec 1 à 1,5 g de sel pour 100 g, il est la première source de sel dans l'alimentation française (de par sa consommation quotidienne et en grandes quantités). La baguette industrielle peut contenir jusqu'à 1,8 g/100 g.
  • La charcuterie : jambon blanc (1,5 à 2 g/100 g), saucisson sec (3 à 4 g/100 g), lardons, saucisses. Une portion standard de charcuterie apporte souvent 1 à 2 g de sel.
  • Les fromages : très variables. Roquefort et fromages fondus : jusqu'à 2,5 g/100 g. Emmental : 0,8 g/100 g. Camembert : 1,4 g/100 g. Préférez les fromages à pâte cuite (gruyère, emmental).
  • Les plats préparés et conserves : soupe en conserve (0,8 à 1,5 g/100 ml), plat cuisiné industriel (1,5 à 2,5 g/portion). Lisez les étiquettes : les valeurs nutritionnelles indiquent souvent le sodium (multiplier par 2,5 pour obtenir le sel).
  • Les condiments : sauce soja (jusqu'à 14 g de sel/100 ml), ketchup (2 g/100 g), moutarde (2 à 3 g/100 g), bouillon cube (très salé : limitez ou choisissez les versions allégées en sel).

Stratégies pratiques pour réduire le sel sans perdre le goût

Plusieurs alternatives aromatiques remplacent avantageusement le sel en cuisine. Les herbes fraîches (basilic, persil, coriandre, ciboulette) apportent des arômes sans sodium. Les épices (cumin, paprika, curry, curcuma, poivre) enrichissent les saveurs. Le jus de citron frais rehausse les plats comme le sel en activant les mêmes récepteurs de « saveur vive ». L'ail, l'oignon et l'échalote concentrent les arômes qui compensent la réduction de sel. La réduction progressive (diminuer de 10 à 20 % par semaine) est plus efficace que la réduction brutale : le palais gustatif s'adapte en quelques semaines et les aliments peu salés deviennent la nouvelle norme perçue.

Le sel de substitution : solution ou gadget ?

Les sels de substitution remplacent partiellement le sodium (Na) par du potassium (K), ce qui réduit l'impact hypertenseur. Ils ont une efficacité modeste sur la tension artérielle (réduction de 2 à 3 mmHg) documentée par plusieurs méta-analyses. Mais ils sont contre-indiqués chez les personnes avec insuffisance rénale (rétention de potassium) et certains médicaments (diurétiques épargneurs de potassium). Demandez avis médical avant d'adopter un sel de substitution si vous prenez des traitements.

Bon à savoir

L'hypertension artérielle (HTA) touche environ 30 % des adultes français. La réduction du sel est l'une des interventions alimentaires avec le meilleur rapport effort/bénéfice pour les hypertendus : une réduction de 2 g de sel par jour (ce qui est accessible avec les ajustements décrits ci-dessus) peut abaisser la pression systolique de 2 à 8 mmHg, comparable à certains traitements médicamenteux légère. Elle s'associe idéalement au régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), riche en potassium, magnésium, calcium et fibres.

Questions fréquentes

Le sel de mer est-il meilleur que le sel de table ?

Non, sur le plan nutritionnel. La fleur de sel, le sel de l'Himalaya rose et le sel de mer contiennent la même quantité de sodium que le sel de table raffiné. Ils peuvent avoir de légères différences en oligo-éléments (magnésium, iode naturel dans certains sels marins) mais ces quantités sont négligeables dans le contexte de l'alimentation globale. Leur avantage est essentiellement gustatif : leur texture plus grossière et leur saveur plus prononcée permettent souvent d'en utiliser moins pour un effet sensoriel équivalent.

Comment lire les étiquettes pour le sel ?

Les étiquettes nutritionnelles indiquent souvent le « sodium » en mg ou g. Pour convertir en sel : sel = sodium × 2,5. Exemple : 400 mg de sodium = 1 g de sel. Les aliments à éviter en priorité : tout ce qui dépasse 1,5 g de sel/100 g (ou 0,6 g de sodium/100 g). Les « feux tricolores » présents sur certains emballages (Nutriscore) intègrent partiellement le sodium dans leur calcul.

Peut-on manquer de sel en le réduisant ?

Très peu probable pour une population normale avec une alimentation variée. Le sodium est présent naturellement dans la majorité des aliments non transformés : viandes, poissons, oeufs, légumes. La carence réelle en sodium (hyponatrémie) survient dans des contextes très spécifiques : effort physique intense et prolongé avec hydratation excessive à l'eau (comme certains ultramarathons), traitements diurétiques, pathologies spécifiques. Elle est exceptionnelle dans la population générale, même en réduisant significativement le sel ajouté.

Sources :
Table de composition nutritionnelle Ciqual, ANSES : https://ciqual.anses.fr/
Agence nationale de securite sanitaire, ANSES : https://www.anses.fr/

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