Aller au contenu
Show Devant
Santé

Ortie : quels bienfaits pour la santé et comment l'utiliser ?

Ortie : quels bienfaits sur la santé et le bien-être ?

Longtemps cantonnée au rang de mauvaise herbe, l'ortie (Urtica dioica) est aujourd'hui reconnue comme une plante médicinale à part entière par l'European Medicines Agency (EMA). Sa richesse nutritionnelle est exceptionnelle parmi les plantes : fer biodisponible, calcium, magnésium, potassium, vitamines C et K, provitamine A. Sa composition phytochimique complexe (lectines, polysaccharides, caroténoïdes, flavonoïdes, acide silicique) est à l'origine de ses effets documentés.

Composition nutritionnelle : une richesse peu commune

Les feuilles d'ortie fraîches contiennent 2,7 g de fer pour 100 g (valeur sèche), une quantité comparable aux abats. Le fer de l'ortie est bien biodisponible, notamment grâce à la présence de vitamine C dans la plante elle-même (40 à 80 mg/100 g), qui favorise l'absorption du fer non héminique. La concentration en chlorophylle est parmi les plus élevées du règne végétal, ce qui explique son usage traditionnel dans les anémies ferriprives et les états de fatigue.

L'ortie contient également du calcium (481 mg/100 g poids frais, bien que cette valeur diminue à la cuisson), du magnésium (57 mg/100 g), du potassium (290 mg/100 g) et des flavonoïdes comme la quercétine et la rutine, aux propriétés anti-inflammatoires et antihistaminiques. Sa concentration en silice organique soutient la synthèse de collagène et a été associée à des effets bénéfiques sur la solidité des ongles et des cheveux.

Les bienfaits documentés en études cliniques

Douleurs articulaires (arthrose, polyarthrite) : L'EMA reconnaît l'usage traditionnel de l'extrait de feuilles d'ortie dans le soulagement des douleurs articulaires mineures. Plusieurs études cliniques (dont une publiée dans le journal Phytomedicine, Klingelhoefer et al.) ont montré une réduction des marqueurs inflammatoires (IL-1, TNF-alpha) et une amélioration des scores de douleur chez des patients arthrosiques traités avec 1,34 g d'extrait de feuilles d'ortie par jour pendant 12 semaines.

Hyperplasie bénigne de la prostate : L'extrait de racine d'ortie (Urtica dioica root) est parmi les phytomédicaments les mieux documentés pour les symptômes urinaires de l'HBP légère à modérée. Des essais randomisés contrôlés montrent une amélioration du débit urinaire et une réduction du résidu post-mictionnel comparables à certains alpha-bloquants à faible dose.

Rhinite allergique : La quercétine et d'autres flavonoïdes de l'ortie ont des propriétés antihistaminiques. Une étude en double aveugle (Mittman, 1990, Planta Medica) a montré que 300 mg d'extrait d'ortie lyophilisée deux fois par jour réduisait les symptômes de rhinite allergique chez 48 % des participants versus 32 % dans le groupe placebo.

Comment consommer l'ortie

  • Infusion : 1 à 2 cuillerées à soupe de feuilles sèches dans 250 ml d'eau bouillante, infuser 10 min, 2 à 3 tasses par jour. Convient pour l'apport en minéraux et l'effet diurétique
  • Soupe ou en légume cuit : les feuilles fraîches de printemps (avant floraison) se préparent comme des épinards. Cuisson supprime les poils urticants. Bonne option pour l'apport en fer et calcium
  • Extrait sec standardisé (gélules) : 1,3 à 2 g/jour pour les articulations. Choisir un extrait titré en acide silicique ou en flavonoïdes totaux
  • Jus d'ortie frais : 30 à 50 ml par jour, riche en chlorophylle et minéraux. Disponible en boutiques bio
  • Attention au ramassage : utiliser des gants, cueillir avant floraison (avril-mai), sommités jeunes uniquement, loin des routes et zones traitées
A retenir

L'ortie est exceptionnellement riche en fer biodisponible, calcium, magnésium et flavonoïdes anti-inflammatoires. Bienfaits documentés en études : douleurs articulaires, symptômes urinaires liés à l'HBP, rhinite allergique. Peut être consommée en infusion, en cuisine (comme des épinards) ou en extrait. Pas de contre-indication connue aux doses nutritionnelles, sauf prudence sous anticoagulants (vitamine K).

Questions fréquentes

L'ortie est-elle contre-indiquée avec les anticoagulants ?

Une précaution est de rigueur. L'ortie contient de la vitamine K (33 mcg/100 g), qui intervient dans la coagulation sanguine. Les personnes sous anticoagulants de type anti-vitamines K (Coumadine, Préviscan) doivent maintenir des apports stables en vitamine K. Une consommation élevée et soudaine d'ortie peut déséquilibrer l'INR. Parlez-en à votre médecin si vous prenez ces médicaments. Les nouveaux anticoagulants oraux (apixaban, rivaroxaban) ne sont pas concernés par cet effet.

Peut-on cueillir de l'ortie en ville pour la consommer ?

Avec précautions. Éviter absolument les bords de routes (pollution aux métaux lourds, désherbants), les zones industrielles et les terrains contaminés. Privilégier les jardins non traités, les prairies et les lisières de forêts. Cueillir avec des gants épais, choisir les jeunes pousses de printemps (avant floraison, avant que les tiges soient trop lignifiées), et rincer abondamment avant utilisation.

L'ortie aide-t-elle vraiment contre la chute de cheveux ?

Pas de preuves directes fortes. La piste la plus solide est indirecte : si la chute de cheveux est liée à une carence en fer ou en silice (situations fréquentes), l'ortie peut contribuer à corriger cette carence grâce à sa richesse en ces deux éléments. Des compléments alimentaires combinent souvent ortie + levure de bière + zinc précisément pour cette raison. Mais l'ortie seule ne traite pas l'alopécie androgénétique ou la pelade.

Sources :
EMA, Community herbal monograph on Urtica dioica (2012) : https://www.ema.europa.eu/
Klingelhoefer et al., ortie et inflammation articulaire, Phytomedicine (1999)
Mittman, ortie et rhinite allergique, Planta Medica (1990)
Table Ciqual 2025, ANSES : https://ciqual.anses.fr/

Tous les articles « Santé »