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Minceur

Les antidépresseurs font-ils grossir ?

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Verdict : oui pour certaines molécules. La prise de poids sous antidépresseur est un effet secondaire réel mais variable selon la molécule, la durée du traitement et la personne. Il ne faut jamais arrêter un traitement sans avis médical.

La question de la prise de poids sous antidépresseurs est l'une des plus fréquentes posées aux psychiatres et aux médecins généralistes. Et elle est légitime : cet effet secondaire est documenté pour certaines classes de molécules, souvent au point que des patients arrêtent leur traitement sans en parler à leur médecin. Comprendre quelles molécules sont concernées, pourquoi et comment y faire face est indispensable pour ne pas avoir à choisir entre santé mentale et santé physique.

Toutes les molécules ne sont pas égales

Le terme « antidépresseurs » regroupe plusieurs familles pharmacologiques aux mécanismes et aux profils d'effets secondaires très différents. Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) comme la fluoxétine (Prozac), la sertraline (Zoloft) ou l'escitalopram (Seroplex) sont généralement les plus neutres sur le poids à court terme. Certains comme la fluoxétine peuvent même entraîner une légère perte de poids en début de traitement.

En revanche, d'autres antidépresseurs sont nettement plus associés à une prise de poids : la paroxétine (Deroxat, Divarius) parmi les ISRS, la mirtazapine (Norset) qui agit sur l'histamine, et les antidépresseurs tricycliques (amitriptyline, imipramine). La prise de poids avec ces molécules peut être substantielle : 5 à 15 kg sur 12 mois dans certains cas.

Pourquoi certains antidépresseurs font grossir ?

Les mécanismes sont multiples. La sérotonine joue un rôle dans la régulation de l'appétit : certains antidépresseurs modifient la signalisation sérotoninergique d'une façon qui peut augmenter les envies de sucre et de glucides. La mirtazapine bloque les récepteurs histaminiques H1, ce qui stimule directement l'appétit et peut provoquer une somnolence qui réduit l'activité physique.

Il faut aussi distinguer la prise de poids due à la molécule elle-même de celle liée à l'amélioration de la dépression. La dépression s'accompagne fréquemment d'une perte d'appétit et d'amaigrissement. Quand le traitement fonctionne et que l'appétit revient, le poids remonte. Ce n'est pas un effet indésirable du médicament mais la conséquence de la guérison.

Comment gérer la prise de poids sous traitement

Première règle : ne jamais arrêter ou modifier son traitement sans en parler à son médecin. Une dépression non traitée est bien plus dangereuse qu'une prise de poids. En revanche, si la prise de poids est importante et affecte la qualité de vie, en parler à son médecin permet d'envisager des ajustements : changement de molécule, ajout d'un traitement complémentaire ou modification des doses.

Sur le plan pratique, maintenir une activité physique régulière (même modérée : 30 minutes de marche par jour) et surveiller les apports en sucres simples et en glucides raffinés aide à limiter la prise de poids sans créer de contrainte excessive. Évitez les régimes drastiques pendant un traitement : le stress d'une restriction calorique sévère peut aggraver l'anxiété associée à la dépression.

La durée du traitement compte aussi

La prise de poids sous antidépresseurs est souvent plus marquée sur les traitements longs (6 mois et plus). À court terme (3 à 4 mois), beaucoup de molécules sont relativement neutres sur le poids. Si votre traitement doit se prolonger, c'est précisément le bon moment d'en discuter avec votre médecin pour anticiper les ajustements nécessaires.

À retenir

Certains antidépresseurs font effectivement grossir, en particulier la paroxétine, la mirtazapine et les tricycliques. D'autres (fluoxétine, sertraline) sont globalement neutres sur le poids. Si vous prenez un antidépresseur et constatez une prise de poids significative, parlez-en à votre médecin : des alternatives existent. Ne jamais arrêter seul son traitement : le risque de rechute dépressive dépasse largement celui d'une prise de poids gérée médicalement.

Questions fréquentes

La prise de poids sous antidépresseurs est-elle réversible à l'arrêt du traitement ?

En partie. Pour beaucoup de personnes, une partie du poids pris pendant le traitement se perd naturellement dans les mois qui suivent l'arrêt, surtout si la prise de poids était liée à une augmentation de l'appétit. Cependant, certaines personnes conservent une partie des kilos pris, notamment si des changements de comportement alimentaire se sont installés pendant le traitement. Un accompagnement nutritionnel lors de l'arrêt du traitement peut être utile.

Les anxiolytiques font-ils aussi grossir ?

Les benzodiazépines (Xanax, Lexomil) ne provoquent pas directement de prise de poids mais peuvent réduire l'activité physique par leur effet sédatif et anxiolytique, favorisant indirectement une prise de poids. Les médicaments à base de prégabaline (Lyrica), utilisés pour l'anxiété généralisée, sont en revanche clairement associés à une prise de poids dans les études. Parlez de ces effets à votre médecin dès le début du traitement.

Peut-on demander à changer d'antidépresseur si on prend du poids ?

Oui, et c'est une question tout à fait légitime à poser à votre médecin. Le choix de l'antidépresseur doit tenir compte de plusieurs facteurs dont la tolérance sur le poids. Si la prise de poids affecte votre image corporelle et votre adhérence au traitement (donc l'efficacité globale), c'est un élément clinique important. Un changement pour une molécule plus neutre sur le poids (comme la fluoxétine ou la sertraline) peut être envisagé en fonction de votre profil clinique.

Sources :
Haute Autorité de Santé, recommandations de bonnes pratiques sur la dépression : https://www.has-sante.fr/
European Neuropsychopharmacology, antidepressants and body weight changes : https://www.europeanneuropsychopharmacology.com/

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